APSIDE
L'AUTEUR
Je ne nomme qu'un nom : Apside. Et pourtant, ce récit n'est pas le mien. Pas encore. Écrire, ici, n'a qu'un seul but : tirer une autre entité de l'ombre, comme on exhume une vérité trop longtemps cachée. Ce n'est ni un aveu, ni un cri, mais une nécessité. Car ce prénom, une fois tu trop longtemps, pourrit le silence. Et celui que je m'apprête à évoquer... je l'ai longtemps gardé au fond de moi, comme une épine que l'éternité n'a jamais su dissoudre. Ce n'est pas un acte de paix. C'est une rupture. Une fracture dans cette insonorité que j'ai entretenue trop longtemps, non par lâcheté, ou peut-être par instinct de survie. Puisque son nom me brûle encore. Il griffe ma mémoire. Il hante mes nuits avec la régularité d'un poison bien dosé. Ce que je m'apprête à faire n'est pas une confession, c'est une mise à nu. Un arrachement. Parce que certains souvenirs ne s'effacent pas : ils fermentent, ils durcissent, ils deviennent des crocs qu'on cache sous la langue. Il est temps que ce noctambule sorte. Qu'il réapparaisse. Qu'il soit vu pour ce qu'il est, et non pour ce qu'il a prétendu être.
L'OUVRAGE
Ceci n'est pas une légende, pas un mythe récité au coin d'une taverne humide. Un être réel. Silencieux. Patient. Et oublié de tous, jusqu'à ce que je le nomme. Cependant, avant d'évoquer ce que nous sommes devenus, ces monstres vêtus d'éternité, je dois revenir sur ce que j'étais. Car l'on ne plonge pas dans l'abîme sans se souvenir du bord que l'on a quitté. Avant le sang, avant l'animosité, avant les siècles… il y avait moi. Un homme. Curieux. Vivant. Marié. Père. J'avais une vie. Des repères. Un nom que l'on prononçait parfois avec notoriété. Je croyais au jour, à la chaleur, à la chronologie des choses : naître, grandir, aimer, mourir. Toutefois, il suffit d'une tragédie : une morsure, un pacte, une sorcellerie, pour que tout cela se déchire.
Vous pouvez retrouver l'écrivain sur : www.apside-edition.fr