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Jean-Jacques Nanot et la mémoire de son père

 

Ecrire, pour lui, c'est un devoir de mémoire. Il se doit d'honorer le souvenir de son père Henri originaire de La Porcherie mais demeurant à Meilhards, écrivain et poète, ami d'André Breton, fils d'un combattant de la Grande Guerre, mutilé, titulaire de la Légion d'Honneur décernée par le Professeur d'Arsonval, Henri Nanot entra dans la Résistance, dénonçant par ses écrits toutes les guerres et les violences qui en découlent.

des écrits qui dérangeaient... il fut accusé à tort d'attentat et incarcéré pendant 5 ans avant de décéder, suite aux mauvais traitements infligés, à l'âge de 41 ans.

 

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LE MONDE | | Par

 

Je me souviens d'un bonhomme avec un foulard rouge. Un inconnu qui ne disait rien en me regardant jouer. Il m'avait donné un ballon"...

C'est le seul souvenir que Jean-Jacques Nanot, 58 ans, a gardé de son père, Henri. Un "original" comme on disait alors. Paysan, poète, fort en gueule et en stature, ami d'André Breton depuis son service militaire, ancien sergent de Georges Guingouin, l'un des principaux chefs du maquis limousin. Il sera broyé dans une invraisemblable tragédie, comme les tourments politiques de l'après-guerre ont su en engendrer.

Le jeune Jean-Jacques sera élevé par sa mère et ne saura rien de ce père qui, devenu militant communiste, s'est fait exclure du parti pour s'être opposé à l'invasion de la Hongrie, en 1956. Passé à la SFIO, Henri Nanot s'insurgera contre l'attitude des socialistes, opposés à l'indépendance de l'Algérie, et se fera là encore exclure.

Ce libertaire pacifiste clamera son amour de la liberté en s'en prenant ouvertement, sur les foires de Corrèze, au sénateur PS local, Marcel Champeix, devenu secrétaire d'Etat aux affaires algériennes.

En mars 1957, deux bombes de fabrication artisanale explosent, sans faire de victime, aux abords de la demeure du secrétaire d'Etat, à Masseret. Des policiers arrivent de Paris. Ils ont besoin de résultats, vite. Henri Nanot apparaît comme le coupable idéal.

Les assises de Tulle le condamnent à cinq ans de prison. Lâché par tous, sauf par André Breton et quelques proches, Henri Nanot ne cessera de clamer son innocence. Libéré en mai 1962, il mourra peu après, "de folie" selon des experts, à l'âge de 42 ans.

La loi du silence

Pendant longtemps, son fils Jean-Jacques ignore tout de cette histoire. La loi du silence règne dans le pays où il est devenu artisan plâtrier et a fondé une famille. Mais, en 1988, la sortie d'un livre de René Rougerie (Henri Nanot, un amour fou de liberté), éditeur à Limoges, fait ressurgir ce passé. Jean-Jacques Nanot se découvre un père au destin tragique et romanesque. "A la suite de ces révélations, j'ai fait deux ans de déprime", raconte-t-il. "Et puis, des gens se sont mis à parler. Des voisins, des paysans du coin m'ont affirmé qu'Henri Nanot avait payé pour d'autres. Qu'ils savaient mais ne pouvaient pas parler."

Année après année, Jean-Jacques Nanot acquiert "la conviction" que son père est "innocent". Maintenant que s'ouvrent les archives de la justice et de la police sur cette époque, il a chargé Me Michel Labrousse, du barreau de Tulle, de lancer une procédure pour un procès en révision.

"Il faudra sortir cette affaire du contexte politique très lourd de l'époque, estime l'avocat. La procédure a été bâclée. Nous espérons que des langues vont se délier parmi les témoins encore vivants. Ce dossier est probablement le résultat d'une erreur judiciaire."

La Cour de cassation tranchera.


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